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[ EXTRAIT CATALOGUE MOIS DE LA PHOTO A PARIS 1996 ]

"J'ai connu mon voisin de palier le soir où il est passé à la télévision", déclare Philippe Truquin avant d'exposer plus avant les raisons qui l'ont amené à interroger la place de la télévision dans l'univers domestique. Au-delà de son ironie, cette entrée en matière touche précisément à l'écart troublant que l'introduction massive de la télévision au sein des foyers a provoqué dans la vie quoptidienne. Que ce soit dans les publicités, les séries, les jeux ou les journaux,

l'ailleurs est l'un des supports essentiels de la télévision. Un ailleurs d'autant plus factice que la télévision, doublée des satellites, a réduit la planète à un village. Cependant, l'accès tellement aisé à cet ailleurs cathodique déversé en flux continu crée une confusion schizophrénique entre le proche et le lointain, qui n'est pas sans rappeler celle qu'avait analysée Walter Benjamin à propos de la reproductibilité des oeuvres d'art.
L'ensemble des images exposées, une trentaine, pourrait bien évoquer ces dessins où figure un immeuble dont on a enlevé la façade afin de donner à voir

simultanément plusieurs scènes de vies privées, sauf que dans la fresque de Philippe Truquin, l'attention se concentre non pas, comme c'est généralement le cas, sur les activités traditionnelles de la vie domestique, mais est entièrement captée par ce qui désormais occupe le centre des foyers, le lieu où l'extrérieur s'immisce dans les intérieurs et se mêle confusément à eux. Manquait le son que l'auteur restitue partiellement en inscrivant sous chaque photographie le commentaire qui accompagnait l'image figée sur l'écrans de la télévision.



Le mouvement Hammas a enlevé un soldat israélien.

      Quel épouvantable cri.

Ce qui s'est passé lundi sur le chemin de l'école.

      
      

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